La charge mentale: L’épuisement des femmes

septembre 9, 2019 0 Par Lysaura

Qui ne s’est pas retrouvée en voiture le matin, en allant au travail, après avoir déposé son enfant à la crèche, chez la nounou ou à l’école réfléchissant pendant le trajet à ce qu’elle va devoir faire en rentrant ou pendant la journée ? Appeler le pédiatre pour prendre rendez vous car bébé a de la fièvre, aller acheter le costume pour le spectacle de fin d’année tout en étant à l’heure pour aller récupérer le plus grand à son cours de tennis…

La charge mentale est un sujet qui touche 80% des femmes de nos jours . C’est un problème quotidien pour les mères qui génère anxiété, stress, dévalorisation de soi et pouvant aller jusqu’à l’épuisement voir le burn out.

Mais remontons un peu dans le temps pour situer l’origine du problème… pas si loin que ça : nos grands-mères.

La femme, à cette époque, ne travaillait pas. L’homme ramenait « l’argent », et la femme s’occupait du foyer avec le ménage, la cuisine, l’éducation des enfants… en résumé : l’homme au travail, la femme à la maison.

La deuxième guerre mondiale a éclaté, obligeant les femmes à remplacer les hommes à l’usine pendant que ces derniers combattaient.

Les femmes ont dû assumer leur travail à la maison et leur travail professionnel avec pour répercussion la libération de la condition de la femme. C’est à ce moment là que les femmes ont obtenu le droit de vote, ont gagné en indépendance et confiance.

Lors du retour des hommes au foyer, les femmes ont continué à travailler pour, entre autre, ne pas perdre leur indépendance sociale et intellectuelle, mais sans pour autant voir la charge de travail du foyer répartie.

Qu’est ce que la charge mentale ?

Imaginez, nous sommes samedi, vous devez préparer le repas de ce soir car vous recevez des invités.

La charge mentale n’est pas de préparer le repas, mais le fait d’organiser, prévoir que l’on va mettre en route une machine à laver qui pourra tourner pendant que  vous préparerez le dessert . Pendant la cuisson du dessert, vous faudra préparer l’entrée et le tout entre 13h et 15h, pendant que votre enfant sera à la sieste et où vous serez plus tranquille… vous m’avez suivie… compliqué ? Je vous ai fatiguée ? Et oui tout comme la femme qui doit faire cet exercice tout au long de la journée et tous les jours.

La charge mentale est le fait de devoir sans cesse anticiper, planifier, organiser, penser à tout.

Ce n’est pas le fait de réaliser simplement la tâche, mais c’est toute la partie intellectuelle qui est invisible.

Dans le monde actif, des personnes sont rémunérées pour ce type de travail : l’organisatrice évènementiel, la secrétaire de direction…

La femme de nos jours doit penser à son foyer, à l’éducation de ses enfants ainsi qu’à son travail professionnel.

La charge mentale n’est pas l’exclusivité de la femme qui travaille, elle s’adresse à toutes les femmes.

Les jeux éducatifs des enfants guident encore dès le plus jeune âge, vers une différenciation des sexes. On offre à la petite fille une poupée, une cuisine ou un aspirateur, alors que le petit petit garçon reçoit des voitures, un déguisement de cowboy…

Et si dès le plus jeune âge nous éduquions, nous montrions à nos enfants, qu’il n’y a pas de différenciation dans les tâches, mais plutôt un équilibre des tâches ? Nous aiderions peut être la génération future à ne pas subir comme nous cette pression néfaste pour la femme.

Les hommes ne sont pas forcément de mauvaise volonté. Les papas ont d’ailleurs évolué ces dernières années en matière de répartition des tâches. On les voit maintenant s’occuper de leurs enfants, changer les couches, faire le bain, mais il reste encore, pour beaucoup, des progrès à faire sur l’organisation et surtout la prise d’initiatives.

Ils n’ont pas toujours conscience de ce qu’est la charge mentale, à quoi cela correspond.

Emma, Une blogueuse a mis  ce sujet en lumière avec bienveillance en créant une BD « un autre regard ». Des pages ont circulé sur Facebook, toutes les femmes peuvent se reconnaitre dans ce qu’elle décrit .

Que pouvez vous faire pour ne plus subir cette charge mentale et ne pas arriver au burn out?

Faire des reproches à votre conjoint, des menaces, poser des ultimatums ? Non, cela ne servira à rien, car votre conjoint se braquera et cela va empirer la situation.

Il est nécessaire de trouver des solutions ensemble et faire en sorte que vous vous sentiez mieux.

Des outils d’organisation ont été créés pour aider les femmes dans leur organisation comme les to do list, agendas familiaux… ils sont très beaux et très bien faits, mais attention à ne pas tomber dans le piège en vous surchargeant de tâches à accomplir.

La to do list peut être un support, mais il est important de prioriser ce que vous avez à faire. Posez vous la question : est ce vraiment important ? Est-ce urgent ? Ne mettez pas la barre trop haut avec beaucoup de choses à faire que vous ne pourrez pas réaliser dans la journée. Cela aurait pour conséquence une dévalorisation de vous, un sentiment de mécontentement car  vous allez vous focaliser sur tout ce que vous n’avez pas fait.

Il faut alléger votre programme, maximum 5 tâches par jour… et vous verrez qu’on en fait beaucoup plus que ça !

Il est plus judicieux de faire quelques tâches chaque jour plutôt que beaucoup d’un coup.

Dans les outils d’organisation j’ai découvert il y a quelques années le planning des menus et listes de courses. Une fois par semaine je planifie mes menus pour la semaine. J’allège ma charge mentale la journée ou  le soir pour savoir ce que nous allons manger. Je n’ai pas besoin de réfléchir, je regarde ce qui est noté sur le menu et j’ai juste à cuisiner avec les ingrédients que j’ai préalablement achetés grâce à ma liste de courses faite en relation avec les menus. Je gagne en tranquillité le soir et en plus j’ai fait des économies et réduit le gaspillage avec ma liste de courses en adéquation avec mes menus.

Autre proposition, déléguer, se répartir les tâches avec votre conjoint, pas uniquement les tâches de la maison, mais également leur organisation.

Par exemple s’ il souhaite s’occuper du lave vaisselle, c’est-à-dire le faire tourner quand il est plein ou quand il n’y a plus assez de vaisselle et… le vider et le ranger.

Autre exemple s’occuper des poubelles. Certes il doit sortir les poubelles, mais ce ne sera pas à vous de penser si c’est bien le jour du passage du camion et de lui rappeler de sortir la poubelle. Si il prend la responsabilité des poubelles, il doit de lui-même savoir quels sont les jours de passage du camion, penser à les sortir et à les rentrer, prendre rendez vous pour les encombrants… De ce fait vous serez allégée de cette charge.

Vous pouvez créer un petit tableau à la maison de qui coordonne, gère les différentes taches. Discutez en ensemble pour trouver une organisation qui vous convienne à tous les deux. Vous pouvez également inclure vos enfants selon leur âge, par exemple avec leur animal, participer aux tâches ménagères. Ils se sentiront valorisés en étant autonomes et responsables.

Je me suis rendue compte avec du recul que je n’ai peut être pas laissé assez de place à mon mari dans l’organisation, la gestion de notre foyer. Peut être était ce une solution de facilité…au début. J’étais plus rapide, c’était mieux fait, tout du moins comme moi je le souhaitais.

Peu importe la tâche, laissez le s’impliquer dans ce qu’il souhaite ou se sent plus à l’aise. En revanche vous devez accepter qu’il le fasse à sa façon et différemment de vous.

Les femmes ont tendance à être exigeantes, si votre linge n’est pas plié ce soir et que cela peut vous permettre de prendre un moment pour vous, pour aller prendre un bain pendant que les enfants dorment alors foncez. Accordez vous des moments pour vous.

Il est primordial de relâcher la pression et de prendre du temps pour vous, sinon la cocotte minute va exploser.

Vous culpabilisez ? Demandez de l’aide à une amie… elle le fera volontiers. Elle vous proposera une séance de cinéma avec elle, partir marcher pour souffler un peu…

Papa sera très content de passer du temps en tête à tête avec ses enfants… et surtout ne leur préparez pas le repas ! Certes ça sera peut être moins équilibré qu’avec vous, mais les enfants seront contents quand c’est papa qui cuisine, ça change, c’est un peu la fête… et puis, papa est assez grand pour préparer à manger ou commander une pizza et surtout ça vous allègera de cette charge!

Pour diminuer et mieux gérer votre stress, vous pouvez soit vous diriger vers des cours de yoga, de relaxation, de méditation, d’art plastique soit au contraire si vous souhaitez évacuer ce stress avec dynamisme, vous inscrire à un cours de sport, ou ce que vous aimez.

Vous n’avez pas le temps ?Commencez par faire à la maison, il existe beaucoup de sites, applications ou vidéos que vous pouvez faire une fois les enfants couchés, ça va vous permettre de déculpabiliser, de prendre ce temps pour vous, surtout d’y prendre goût et d’en vouloir plus.

Il est important de prendre ce temps pour vous, commencez au début par une fois par mois, puis au bout de quelques mois où vous verrez l’effet bénéfique, passez à tous les 15 jours, puis toutes les semaines et pourquoi pas plusieurs fois par semaine avec l’écoute d’une méditation au moment du coucher ou la lecture d’un livre… Ce temps est pour vous, vous ne le volez à personne.

Vous pouvez le soir en vous couchant,  faire un bilan positif de votre journée pour ne retirer que le bénéfice de la journée: qu’est ce que j’ai aimé faire aujourd’hui ? Qu’est ce qui m’a apporté du  plaisir ? Ce sentiment agréable vous permettra de terminer la journée sur une note positive et vous donnera un bien être dans votre tête et votre corps et de vous endormir sereinement.

Si vous souhaitez matérialiser ce positif, vous pouvez glisser dans un récipient transparent la matérialisation des plaisirs que vous avez eus : la facture du restaurant en amoureux, une plume que vous avez trouvée lors de votre ballade en famille, des billets de cirque… vous pourrez alors voir votre contenant se remplir de moments agréables que vous avez vécus.

Faites vous confiance, prenez du recul par rapport aux belles théories idéalistes que l’on peut lire de droite et de gauche, sur les réseaux sociaux où les personnes ne montrent, bien souvent, que le côté positif de leur vie.

Il est nécessaire de prendre du recul avec le regard des autres car vous allez avoir tendance à vous comparer et vous sentir moins bien que ces personnes. Il ne s’agit pas d’une compétition. Les réseaux sociaux sont très forts pour ça ! « Elle arrive à faire tout ça, moi je ne fais pas le quart de ce qu’elle fait », « mais comment fait elle, sa maison est toujours bien rangée, moi il y a des jouets partout »….

Si vous sentez que vous allez craquer ou que vous craquez, tournez vous vers des professionnels qualifiés qui peuvent vous écouter, les professionnels de la crèche, votre médecin généraliste ou un psychologue.

Si vous êtes irritable, épuisée physiquement, moralement et émotionnellement, vous êtes en mode automatique, dirigez vous  vers un médecin qui vous aidera à sortir de cette situation.

Garder à l’esprit que vous faites ce que vous pouvez, pas toujours ce que vous voulez.

Si ce soir vous ne mangez pas un plat équilibré, sain que vous avez préparé  et que cela vous permet de prendre du temps pour vous… c’est super! Lâchez prise, prenez soin de vous, votre famille en aura le bénéfice.