L’alimentation de l’enfant – La diversification alimentaire

septembre 18, 2019 0 Par Lysaura

La diversification alimentaire de l’enfant est une étape importante dès le début de sa vie. L’alimentation de l’enfant peut être compliquée. Le moment du repas peut être vécu comme un stress par les parents… et les enfants, alors qu’il devrait s’agir d’un moment agréable, d’échange et de partage.

Les parents sont souvent stressés par le fait que leur enfant ne mange pas. « S’il ne mange pas il ne grandira pas, il sera carencé, il va mourir de faim… »

Je vais essayer dans cet article de vous donnez des conseils sur comment faire, quels sont les problèmes que vous pouvez rencontrer et surtout vous rassurer et vous accompagner dans cette phase du développement de votre enfant.

Pourquoi manger ?

Tout d’abord le fait de manger va répondre à un besoin vital. C’est indispensable pour que notre corps puisse fonctionner. Ça va lui apporter de l’énergie. Mais ce n’est pas qu’une question de besoin vital, manger c’est aussi du plaisir : le plaisir des goûts, textures, les sensations agréables ou étranges que cela procure, le plaisir de partager un moment en famille. Lors d’un repas, tous les sens sont en éveil.

La vue : avec les couleurs des différents aliments, la présentation.

L’odorat : avec les différentes odeurs apportées par les épices ou tout simplement l’odeur des aliments.

Le gout : chaque jour des goûts différents, du sucré, salé, acide, amère…

L’ouïe : les couverts qui vont taper les uns contre les autres, le fait de communiquer en famille lors du repas.

Le toucher : que c’est agréable pour l’enfant de sentir les différents aliments entre ses doigts.

On peut dire que le moment du repas est une expérience sensorielle pour l’enfant. 

Qu’est ce que la diversification alimentaire ?

Depuis sa naissance, votre enfant est nourri exclusivement avec du lait. Soit votre lait, soit du lait infantile.

La diversification alimentaire est le fait de passer d’une alimentation exclusivement lactée à une alimentation semi diversifiée puis diversifiée quand tous les aliments auront été introduits dans l’alimentation de votre enfant.

Quelques astuces pour faciliter cette étape en douceur

La diversification alimentaire de votre enfant doit se faire en douceur et sans forcer. Il est possible de faire une pause ou de revenir en arrière si votre enfant en a besoin.

Votre enfant va être en cours d’apprentissage des goûts et textures des aliments. Il est préférable au départ ou à l’introduction d’un nouvel aliment de ne pas les mélanger. Cela permettra à votre enfant de découvrir le goût de l’aliment et de s’assurer qu’il ne fasse pas d’allergie à l’aliment. Si vous mélangez plusieurs nouveaux aliments, en cas de réaction allergique, vous aurez des difficultés à identifier l’aliment allergisant.

Utilisez dès le début la cuillère, vous pouvez lui présenter la cuillère plusieurs jours à l’avance, en le laissant jouer avec, pour que votre enfant se soit déjà familiarisé avec cet objet et ainsi éviter le refus de la cuillère.

Privilégiez une prise de repas au calme, ce sera plus agréable pour lui et pour vous.

Éviter l’introduction de nouvel aliment lors de certaines périodes désagréables (quand il fait trop chaud, maladie, poussées dentaires, lors de vaccins, les premiers jours de crèche…)

N’introduisez pas de nouveaux aliments au repas du soir. En cas d’allergie cela pourrait être dangereux.

Ne vous stressez pas à peser tous les aliments, votre enfant n’est pas au régime! Les seuls aliments à limiter sont les protéines. Pour faciliter leur mesure, vous utiliserez la cuillère.

Quelques erreurs à éviter

Évitez les repas devant la télévision pour le distraire. Si vous rencontrer des difficultés, proposez lui un jouet, livre, une cuillère… ou tout simplement prenez le repas avec lui. Il voudra vous imiter.

N’arrêtez pas totalement le lait. Votre enfant a besoin jusqu’à ses 1 an de 500ml de lait par jour pour couvrir tous ses besoins nutritionnels.

Attention à un apport excessif en protéines animales (viande, poisson, œuf, abats). En effet, une alimentation, au tout début de la vie, trop riche en protéines animales favoriserait le risque d’obésité chez l’adulte. Il en est de même pour un apport excessif en sucres rapides, et graisses saturées (viande trop grasse (bœuf), viennoiserie, friture…)

Petits pots faits maison ou industriels ?

C’est l’éternelle question !

En ce qui concerne les petits pots industriels, l’alimentation de l’enfant est très règlementée, en apport de sel, sucre, conservateurs, pesticides… Ils sont garantis en vitamines car la cuisson est plus précise et permet une meilleure conservation des vitamines. Si les aliments sont trop cuits à la maison, cela va détériorer les vitamines. Les petits pots industriels permettent un grand choix dans les variétés de parfums, textures.

Les petits pots maisons sont faits avec amour. Vous connaissez la contenance exacte de ce que vous mettez dedans. Que ce soit en termes de qualité des produits, que de la recette elle-même. Vous pouvez, pour une question d’organisation, préparer les petits pots maison en quantité et les congeler pour pouvoir les décongeler plus tard.

Cependant, attention les compotes maison ont une forte teneur en sucre dû à l’évaporation de l’eau. Il est donc important de ne pas re-sucrer.

Quelques petits conseils pour les petits pots faits maison :

Veillez à utiliser des produits frais et de qualité.

Bien laver à grande eau les légumes et fruits (poireaux : feuilles par feuilles), les éplucher soigneusement (attention, les vitamines se trouvent sous la peau)

Ne pas les faire tremper, car les vitamines se dissolvent dans l’eau.

Couper les aliments en gros morceaux pour éviter de perdre les vitamines dans la cuisson.

Pour démarrer, il est préférable de bien mixer les fibres, généralement les enfants n’aiment pas quand il y a des fibres et ce sera plus digeste.

Que ce soit des petits pots industriels ou faits maison, l’important est de faire comme vous le sentez, pas avec la pression de l’entourage. Si vous préparez les petits pots vous-même car çà vous tient à cœur et que vous aimez cuisiner, c’est très bien. Si vous préférez les petits pots industriels car c’est plus pratique, que vous ne cuisinez pas, ne culpabilisez pas, les petits pots industriels ont tout ce qu’il faut pour le développement de votre enfant.

Faites en votre âme et conscience. Ce que vous aurez choisi sera le meilleur pour votre enfant.

Légumes et fruits: frais ou surgelés ?

Les légumes frais et de saison sont très intéressants. Privilégiez la fraicheur du produit et le respect de la saisonnalité.

Bien sur dans un idéal, le bio est préférable ou tout du moins une agriculture raisonnée ou locale. Éviter les produits d’importation. Cependant il vaut mieux du local français non bio que du bio étranger. Les pays étrangers comme l’Espagne, n’ont pas les mêmes recommandations en matière d’utilisation de produits agricoles que sur notre territoire. Et leurs nappes phréatiques regorgent de produits de décennies de traitements. Je vous conseille donc d’utiliser un produit local français plutôt qu’un produit bio espagnol.

En ce qui concerne le produit surgelé. Ne rechignez pas dessus, c’est très bien ! Il apporte un gage dans la fraicheur du produit. En termes de qualité nutritive il est préférable de prendre un produit surgelé, à la courgette de notre jardin qui est restée plusieurs jours dans le bac à légumes. Cette dernière aura perdu un bon nombre de vitamines. Les produits surgelés, sont surgelés dès récolte. Ils assurent donc une qualité nutritionnelle. De plus, le surgelé peut permettre de varier les produits peu importe la saison : Faire une purée de courgettes en hiver avec des légumes de qualité ramassés en pleine saison.

Doit-on rajouter du sel ? Un corps gras ?

Attention au sel. Le rein de l’enfant arrive à maturité vers 2ans. Vous pouvez dès 2ans mettre un peu de sel dans l’eau de cuisson. Cela apportera un peu de fluor dans l’alimentation de votre enfant. Mais il n’est pas nécessaire de saler les plats. Le sel peu avoir des conséquences sur le fonctionnement du rein, il donc nécessaire de le limiter.

En ce qui concerne le corps gras. Le cerveau de l’enfant ainsi que les cellules du corps ont besoin d’un apport en corps gras pour se développer. Je ne vous parle pas de friture, chips… Vous pouvez mettre dans la purée de votre enfant une noisette de beurre. Ce sera bon pour le développement cérébral de votre enfant. Tout est question de quantité.

Laitages natures, sucrés, normaux ou infantiles ?

Donnez l’habitude à votre enfant de manger sans sucre dès le début de sa diversification. Malgré les premières fois difficiles, il prendra l’habitude. Les yaourts aux fruits comportent 2 à 3 carrés de sucre par pot.

Les yaourts infantiles (avec lait de croissance). Ils ont un coût et sont sucrés. Je vous conseillerais plutôt un yaourt ou petit suisse nature classique au lait entier que toute la famille mange.

Quand commencer ?

Ces dernières années, les recommandations ont beaucoup changé en matière d’alimentation infantile. Dans les années 70, il était recommandé de démarrer l’alimentation à partir de 3 mois, dans les années 80 à partir de 6 mois et de nos jours, nous sommes plus sur un mode cool entre 4 à 6 mois à adapter en fonction de l’enfant.

Personnellement je trouve que 4 mois est relativement tôt. Je recommanderais plutôt entre 5 et 6 mois, mais pas après 6 mois.

Mais pourquoi cet âge là ?

Tout simplement parce que plusieurs facteurs entrent en compte dans la diversification alimentaire. Ce n’est pas qu’une question de gout, ou de mettre une cuillère dans la bouche.

La diversification alimentaire va faire appel à plusieurs notions : le développement moteur de l’enfant, le développement des organes de l’enfant, la digestion, la tolérance et l’envie de l’enfant.

A l’heure actuelle l’âge d’introduction a été baissé car plusieurs études ont démontré qu’en retardant l’introduction des aliments, le risque d’allergie augmentait. Plus un enfant mangera tard, plus le risque d’allergie sera élevé.

Du point de vue moteur, il faut que le réflexe de succion soit un peu moins présent. Vous pouvez vous rendre compte que votre enfant n’est pas encore prêt lorsqu’il ne sait pas trop quoi faire de la cuillère dans sa bouche, et qu’il a plutôt tendance à la sucer. Il faut également qu’il puisse tourner sa tête et prendre une cuillère dans la main.

Du point de vue digestif, le système digestif de votre enfant n’est pas encore totalement mature pour assimiler tous les aliments. Que se passe t il quand votre enfant mange un maïs et que son système digestif n’est pas prêt pour le digérer ? Généralement à la prochaine selle, vous retrouvez le maïs intact dans les selles. Le tube digestif n’étant pas mature ainsi que le système immunitaire, cela entraine un risque d’allergie. C’est pourquoi les aliments ne doivent pas être introduits tous à la fois.

Une notion très importante dans le démarrage de la diversification alimentaire est le fait que votre enfant doit avoir  envie de manger. Vous avez certainement du vous rendre compte qu’il était attiré par ce que vous mangiez… c’est bon signe, il est prêt ! Sinon attendez un peu.

Par quoi commencer ? Sucré ? Salé ?

Comme l’enfant est naturellement attiré par le sucre, il est préférable de commencer la diversification par le salé, mais ne vous inquiétez pas le sucré va suivre rapidement.

Certains pédiatres démarrent par le sucré ou tout en même temps.

Avec mon expérience professionnelle, j’ai pu observer que lorsque certains enfants commençaient par l’introduction des fruits, il pouvait y avoir des difficultés à introduire les légumes.

Comment faire ?

C’est votre enfant qui va gérer son alimentation. Suivez son appétit. Allez y doucement, laissez le déglutir, boire. Prenez le temps.

Proposez dès le début la cuillère. Commencez par quelques cuillères, ce qu’il voudra. Il n’en prend qu’une ? Ne vous inquiétez pas c’est très bien. Gardez à l’esprit que tous ses besoins sont apportés par son lait, la purée de légumes est un plus. L’ensemble de ses besoins nutritifs est couvert par un apport de lait journalier de 500ml jusqu’à ses 1 an. Donc respirez, ne vous mettez pas la pression.

A partir de 4-6 mois : Introduction des légumes, fruits, céréales et yaourts

Le lait reste l’alimentation principale de votre enfant. Normalement il devrait être à 4 biberons par jour, c’est-à-dire, matin, midi, goûter et le soir.

Vous allez pouvoir proposer de la purée de légumes le midi. Commencez par quelques cuillères de purée puis quand votre enfant n’en voudra plus, vous pourrez lui donner le biberon ou le sein. Il pourra manger ce qu’il voudra en quantité au niveau de la purée. Généralement on peut aller jusqu’à 180g.

Vous pouvez commencer par la carotte, le potiron, la courgette, les haricots verts, les épinards, la betterave, le  panais, l’artichaut, le blanc de poireaux… des légumes doux en goût.

La pomme de terre sera utilisée en liant dans la soupe, mais pas toute seule en purée car elle est trop difficile à digérer.

Une fois les légumes introduits, vous allez pouvoir introduire les fruits. Certains médecins disent que tous les fruits peuvent être introduits à partir du moment où vous en avez déjà consommés enceinte. D’autres diront qu’il vaut mieux attendre pour les fruits rouges et exotiques.

Je suis de ce dernier avis. Aux urgences pédiatriques il est fréquent d’accueillir des enfants présentant un urticaire suite à l’ingestion d’un fruit exotique. Je dirais que si votre enfant a un terrain allergique ou dans la famille, il vaudrait mieux être patient.

Vous pourrez donc commencer les fruits sous forme de purée, avec la pomme, poire, abricot, pêche, banane… bref tous les fruits sauf les fruits rouges et exotiques.

La compote sera donnée au goûter. Commencez par le biberon et ensuite donnez quelques cuillères de compote. Il vaut mieux privilégier le lait.

Des céréales infantiles peuvent être données à partir de 5 mois, mais elles doivent être sans gluten. Les céréales avec gluten peuvent être introduites à partir de 7 mois. Attention tout de même aux céréales, elles sont intéressantes pour la diversification du goût, mais sont souvent riches en sucre. La ration journalière est de 1 cuillère à café rase multipliée le nombre de mois de votre enfant. Exemple, si votre enfant a 6 mois, vous pourrez répartir dans la journée 6 cuillères à café rases de céréales infantiles.

A partir de 6 mois, vous pourrez introduire le yaourt à la place d’un biberon. Un yaourt correspond à 125ml de lait. Vous pourrez commencer à le donner le midi en fin de repas, puis également au goûter.

Malgré vos goûts, il est important de donner un yaourt nature, sans sucre à votre enfant.

Généralement à ce stade, votre enfant va boire en moyenne des biberons de 210ml. S’ il boit un biberon le matin et un le soir, sa ration de lait sera de 420ml. En prenant un yaourt à midi et un au goûter, votre enfant aura une ration calcique de 670ml. Il aura donc la ration de lait recommandée de 500ml par jour.

De 7 mois à 1an : Introduction de la viande, poisson, œuf, fromage

Il est préférable de commencer par la viande blanche (poulet, veau, jambon…) car le risque d’allergie est moins important, ensuite la viande rouge, le poisson blanc puis rouge (saumon) puis l’œuf (le jaune).

Commencez par 2 cuillères à café de protéines par jour (10g), puis vers 9 mois vous pourrez donnez 4 cuillères à café (soit 20g/j)

Pour les œufs, commencez par l’œuf dur 1/4 à partir de 7 mois, 1/3 dès 9mois

A partir de 8-9 mois, vous pourrez donner, le soir, à votre enfant une purée ou soupe. En ce qui concerne le produit laitier, vous pourrez lui donner un yaourt ou fromage ou garder un biberon si c’est son rituel d’endormissement.

A partir de 7 mois vous pourrez commencer le fromage blanc, les petits suisses et les fromages fondus fromages frais (kiri…), vers 8 mois les fromages à pâte cuite (gruyère, comté…)

De 1 an à 2ans :

S’il n’y a pas d’allergie à l’œuf, vous pourrez poursuivre par les œufs à la coque à partir de 14 mois.

A partir de 15-18 mois, vous pourrez introduire les légumes secs, tels que les lentilles, pois chiche… pas avant car votre enfant ne les digèrerait pas.

Le miel pourra être introduit à partir de 1an, pas avant! Donc supprimer le miel sur la tétine! Le miel peut contenir des spores de la bactérie Clostridium botulinum. Cette bactérie peut être responsable du botulisme infantile qui peut avoir des conséquences graves sur le système neurologique de l’enfant.

Après 2ans :

 L’alimentation de votre enfant comportera l’ensemble des aliments.

Les quantités vont augmenter. Il peut manger le même repas que vous, si bien sûr l’équilibre alimentaire est respecté. (Eviter les fast food et la junk food).

Au niveau des protéines, jusqu’à l’âge de 3 ans l’apport devra être de 30g, soit 6 cuillères à café, la moitié d’une tranche de jambon, ¼ de steak haché. On a tendance à donner bien plus que ce qu’il ne faut !

Pendant cette période de diversification surveillez le transit de votre enfant. L’appareil digestif doit s’habituer à ce nouveau mode d’alimentation. Le tube digestif doit créer des enzymes pour digérer ces nouveaux aliments.

Textures et développement de l’autonomie de votre enfant pendant le repas :

Dès le début de la diversification, l’alimentation sera amenée par l’adulte en texture lisse.

Vers 8-9 mois, votre enfant va pourvoir commencer à manger des petits morceaux. Vous pourrez lui proposer une texture « écrasée », moulinée.

Vers 12 mois, vous allez pouvoir lui donner une cuillère pour qu’il puisse lui-même commencer à manger seul, mais il préfèrera manger avec ses doigts pour aller plus vite. Laissez le faire, il avance dans son autonomie. Il va commencer à manger en petit morceaux. Vous pourrez lui proposer un verre à bec ou paille pour boire.

A partir de 2 ans, il pourra boire dans un verre normal, et manger avec une fourchette, un couteau adapté à son âge.

La DME- qu’est ce que c’est ?

La Diversification Menée par l’Enfant.

C’est laisser  l’enfant apprendre à manger de façon autonome. Les aliments sont proposés en gros morceaux et l’enfant, même sans dent, va mastiquer l’aliment. Il est cependant nécessaire de bien cuire les aliments.

Quelques recommandations pour commencer la DME :
  • Commencer à partir de 6 mois
  • Il faut que votre enfant tienne assis seul (motricité libre: votre enfant doit savoir s’asseoir seul)
  • Qu’il dirige des objets à sa bouche.

Restez bien auprès de votre enfant lors du repas.

Il veut manger seul, avec les doigts ?

A partir de 8-9 mois, votre enfant va aimer toucher sa nourriture et mettre à la bouche. A cet âge, l’enfant découvre les choses par les mains et la bouche. Il va donc appréhender, découvrir les aliments comme lorsqu’il met un objet à la bouche. Vous avez certainement dû remarquer qu’il mettait tout à la bouche. Laissez le faire.

Plus tard, votre enfant va vouloir manger seul avec sa cuillère. Pour lui permettre de développer son autonomie, il va falloir laisser faire votre enfant. Certes il y en aura plus à côté que dans la bouche, mais il doit apprendre. Il n’a pas encore acquis la précision du geste. Il existe des bavoirs avec récupérateur. Cependant ne mettez pas la serviette sous l’assiette  pour réceptionner les aliments. Votre enfant va être bloqué par cette serviette et ne pourra plus bouger. Cela n’est pas confortable. Aimeriez-vous ne pas pouvoir bouger pendant votre repas ?

Votre enfant refuse de manger ?

Si vous commencez la diversification alimentaire, vous pouvez mettre la soupe seule dans le biberon (sans le lait).

S’il refuse toujours, vous pouvez remplacer une partie de l’eau du biberon par l’eau dans laquelle vous avez cuit les carottes par exemple. Ca va donner un petit goût au lait qu’il a l’habitude de boire.

Ensuite, quelques jours plus tard, vous pouvez glisser une cuillère à café de purée dans son biberon.

Vous pourrez alors augmenter petit à petit la quantité de purée à introduire dans le lait. Quand vous aurez introduit 3 cuillères à café de purée, réduisez de 30ml la quantité d’eau et retirer une cuillère mesure de lait en poudre.

Une petite question pour le parent que vous êtes : aimez-vous tous les aliments, avez-vous toujours faim quand c’est le moment de manger ? Et votre enfant?

Il y a plusieurs raisons pour que votre enfant refuse de manger. Les poussées dentaires, les maladies, la chaleur …peuvent faire diminuer l’appétit de votre enfant.

Une autre raison peut être le goût. Votre enfant n’aime pas l’aliment que vous lui proposez. Comme nous, votre enfant a des préférences. Le goût de l’enfant change en moyenne tous les 15 jours. Donc proposez régulièrement l’aliment.

Ne le privez pas de dessert sous prétexte qu’il ne veut plus manger ses légumes. Il a le droit de ne plus vouloir ses légumes, mais de vouloir terminer son repas par une note sucrée. C’est tellement bon !

Vers l’âge de 18 mois-2ans, votre enfant va entrer dans la période où il va affirmer son caractère. Lui qui mangeait les légumes avec plaisir avant, refuse maintenant le moindre légume. Ce n’est pas qu’il refuse la carotte qu’il a toujours mangé, c’est que vous lui proposez peut être sous une forme qu’il ne connait pas, à savoir les carottes râpées, ou avec du persil, bref cela change de d’habitude et il ne reconnait pas la purée qu’il a toujours mangée. On appelle ce phénomène la néophobie alimentaire. Il s’agit d’une étape normale du développement de votre enfant. Cela passera.

Vous pouvez essayer d’apporter les légumes sous d’autres formes que la purée : Proposez la soupe un peu plus liquide à boire à la paille.

La soupe de tortue est bien meilleure que la soupe de courgettes ; vous pouvez donner un nom plus ludique à votre plat. La soupe d’halloween est bien meilleure que celle au potiron !

A l’apéro les enfants aiment bien les bâtonnets de légumes avec une sauce au fromage blanc.

Proposez les légumes sous forme de gâteaux (carrot cake, en gaufres, crêpes…)

Le fameux gâteau au chocolat et à la courgette. La courgette remplace le beurre, vos enfants n’y verront rien.

Il est important de ne pas forcer. Il ne s’agit pas d’un rapport de force entre vous et lui. Il est comme vous avec des goûts, préférences, des variations dans l’appétit… Ne perdez pas espoir. Il s’agit du développement normal de l’enfant. Souvenez nous quand vous étiez petit. Vous n’aimiez peut être pas un aliment que maintenant vous mangez avec plaisir. Le goût évolue avec le temps.

Proposez-lui de goûter un tout petit morceau, que vous aurez isolé dans son assiette.

Mangez avec lui le repas. A cet âge, l’enfant est dans une phase d’imitation de l’adulte. Vous le voyez jouer à préparer le repas… Il reproduit. En étant à table et en mangeant avec lui, votre enfant va chercher à vous imiter en prenant seul la cuillère et en mangeant le même repas que vous.

Proposez-lui de participer, si cela est possible, à l’élaboration du repas. En préparant lui-même le plat, cela va susciter son intérêt à goûter ce qu’il a préparé.

Travaillez la présentation de façon ludique : faire des têtes de bonhommes avec les légumes… laissez libre court à votre créativité !

La découverte de nouvelles textures et goûts prend du temps. Il faut s’armer de patience et faire de ce moment, un moment de plaisir et de partage. L’adulte que vous êtes a été un enfant avec des goûts différents de ceux que vous avez aujourd’hui. Il y a de petits appétits et des appétits plus importants. Respectez le rythme de votre enfant, il vous guidera de lui-même. Gardez à l’esprit que votre enfant ne se laissera pas mourir de faim. Il ne s’agit pas d’un combat pour savoir qui va gagner et qui va perdre.